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Kronik inachevée

Il traîne sur mon disque dur des bouts de textes que je n'ai jamais finis

Ce n'est pas la page blanche mais la kronik inachevée.

Il traîne sur mon disque dur des bouts de textes que je n'ai jamais finis. Je suis tout le temps en train de réfléchir aux prochaines Kroniks, à trouver des idées, à noter des bouts de chapô sur mon téléphone. L'inspiration initiale s'est tarie. Le filon que je suivais s'est épuisé avant les 3.500 signes que je vise pour chaque chronique. J'ai aussi parfois la flemme de revenir sur de vieux écrits qui stagnent depuis douze ans, parfois plus. Certains appellent cela la page blanche. Là, c'est pire, ce n'est pas la page blanche, c'est la Kronik inachevée.

Kronik inachevée (c) photo : Suzy Hazelwood
Kronik inachevée (c) photo : Suzy Hazelwood

Pourtant cette Kronik était bien partie, sur une idée géniale, un travers motards, un personnage iconique, un acteur majeur ou mineur. La Kronik avait ainsi commencé à s'écrire dans le silence des pensées. Elle était déjà au bout de quelques lignes pleines de promesses et d'intentions, comme un voyage à travers les lignes du temps et de l'âme. Chaque mot posé était comme une pierre jetée dans le puits de l'écriture, créant des cercles concentriques d'histoires à explorer. Mais quelque part en chemin, cette chronique prit une pause imprévue, suspendue dans l'éternité de l'inachèvement.

Les premières lignes s'étaient déployées avec une énergie contagieuse, m'emportant dans un univers naissant, plein de mystères et de promesses. Les protagonistes prenaient vie, les lieux prenaient forme et l'intrigue se tissait avec la délicatesse d'une toile d'araignée autour de Cachalote. Chaque mot était soigneusement choisi, chaque virgule un souffle, chaque point un arrêt réfléchi.

Pourtant, quelque part entre le début et la fin, la chronique fut interrompue. Les pages restèrent blanches, les personnages figés dans l'attente et l'intrigue suspendue comme une épée de Damoclès. Moi-même, je me retrouvais égaré dans le labyrinthe de mes propres idées, cherchant la sortie qui semblait s'éloigner à mesure que le doigt tapait sur le clavier.

L'inachèvement devint une énigme, un écho silencieux de ce qui aurait pu être. La chronique inachevée devint une fenêtre entrouverte sur un monde qui aurait pu être exploré, mais qui demeurait inaccessible.

Pourtant, au cœur de cet inachèvement réside une beauté paradoxale. La page blanche suivante n'était pas une page vide, mais une toile imaginaire où chaque lecteur pourrait projeter ses propres conclusions, compléter les arcs narratifs en suspens et donner vie aux personnages laissés en attente. La chronique inachevée devenait ainsi un terrain fertile pour l'imagination, un appel à la créativité de ceux qui osaient laisser leurs propres empreintes sur les pages désertées.

Peut-être, un jour, reviendrai-je pour terminer cette chronique. Ou peut-être pas. L'inachèvement demeurera alors un rappel poignant de la fragilité de l'acte créatif, de la manière dont les histoires peuvent naître, s'épanouir et parfois s'endormir dans l'obscurité de l'inconnu pour toujours.

Pourtant, parfois, j'y suis presque. J'ai presque bouclé la Kronik. Mais je ne trouve pas de chute, pas de conclusion. Alors le texte reste comme il est pendant quelques semaines, quelques mois, quelques années. J'ai la flemme de le ressortir, ou bien le sujet ne m'intéresse plus.

Parfois, je pense à les ressortir, comme autant de Kronik à Brac... pour vous les faire partager comme on va dans une brocante pour chiner l'objet inattendu et en revenir avec la perle rare. Ça vous dirait ?

Plus d'infos sur les kroniks

Attention Kronik ! 100% mauvaise foi ! Ceci n'est pas un article ni une brève (voir historique si nécessaire). L'abus de kronik peut être dangereux pour la santé de certains. Ne pas abuser.

Commentaires

ludo51

Décidément on sent bien qu'on est au coeur de l'hiver .....

16-01-2024 08:58 
la carpe

T'inquiète, Kpok, l'IA va bientôt te permettre de finir toutes tes amorces de Kroniks; on lui dira dira "fais du Kpok" et hop, elle te bouclera ça en cinq sec. Elle est tellement conne qu'elle ne sait pas (pas encore...) que l'inachèvement fait partie du Kpok.

16-01-2024 09:09 
tigermoto

Bonjour mon cher Kpok, pourquoi ne pas livrer ces débuts de chronique ( ces pépites) à l' imagination des lecteurs et leur proposer de les terminer à leur façon ? De beaux moments de lecture en vue....
On pourrait l' intituler " chronique du mercredi à terminer" ...et à rendre avant le week-end impérativement !

16-01-2024 09:28 
Picabia

On a tous un jour le sentiment de l’inachevé.
Kpok voit loin, le grand Flaubert a mis des années pour écrire Madame Bovary.

16-01-2024 12:23 
Meuldor

Ben oui ça nous dirait. Et puis il y a des histoires sans fin. Elles se prolongent éternellement avec d'autres protagonistes. Il n'y a que des histoires inachevées.

16-01-2024 13:17 
Goupil62

Kpok, tant que tu as de la ressource, ne te prends pas la tête avec les chroniques inachevées.

Nous avons tous, çà & là, des histoires, des lectures & des tranches de vie inachevées.

J'en ai pas mal & me porte assez bien.

Comme il écrit supra & j'abonde dans ce sens, pourquoi ne demandes-tu pas aux lecteurs de terminer lesdites chroniques❓

Vous avez quatre heures ...🤣

16-01-2024 16:40 
Godzilla

Citation
Goupil62
Kpok, tant que tu as de la ressource, ne te prends pas la tête avec les chroniques inachevées.


Nan, moi je veux qu'il continue ses Kronik, je veux savoir la suite.

J'ai pas encore compris dans tous ces épisodes à quel moment le héros sauve la belle héroïne blonde des méchants et part avec elle se marier.

16-01-2024 18:31 
 

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